Interview avec Willy Lux, coordinateur général :
« On a tenu compte des quelques critiques de 2009»
Willy, comment s’est passé votre débriefing en février dernier en tant que coordinateur général et responsable du parcours ?
« J’étais content de cette première expérience. Je n’ai quasi reçu que des félicitations. Après le rallye, nous avons fait un petit sondage auprès de nos concurrents. Ils étaient tous très positifs. Nous avons bien sûr essuyé quelques critiques justifiées et nous avons essayé d’en tenir compte pour l’édition 2010. La chose la plus complexe pour moi est de gérer l’énorme personnel. Si vous devez mener une équipe de 10 à 20 personnes, cela va. Mais je ne sais pas tenir 600 personnes.»
On dit généralement que la deuxième fois est plus facile. Est-ce justifié dans votre cas ?
« Oui et non. Oui dans le sens où on connaît plus les gens. Les contacts sont établis. Non dans le sens où je ne me suis pas reposé sur mes lauriers et j’ai décidé de tout chambouler. Dès lors, j’ai commencé à travailler sur le parcours et le timing trois mois plus tôt qu’en 2008. Nous devons veiller à ne pas être victimes de notre succès. Faire rouler 300 concurrents en même temps, cela demande une sacrée organisation. »
Quelles sont justement les principales nouveautés de cette édition ?
« Il y en a trois : le système de huit pour le parcours, la journée de reconnaissances et le nouveau système de chronométrage par satellite Tripy. Comme je l’ai déjà dit, nous avons tenu compte des remarques et critiques formulées l’an dernier. J’ai donc trouvé le moyen de mettre les concurrents Classic plus en évidence. Ainsi, le numéro 200, le premier des 50 km/h, s’élancera le samedi matin du podium en même temps que le 1. Et il rentrera peu avant minuit en même temps aussi. Ainsi, on gagne déjà deux heures pour les plus gros numéros et les pilotes faisant de la vraie régularité ne seront plus laissés pour compte. Ils participeront à l’ambiance et auront droit aux commentaires du speaker (Christian Lahaye) comme les autres. L’un partira à gauche disputer les RT plus éloignées de Spa et l’autre s’en ira parcourir les plus proches. Dans certaines RT, les Classic passeront avant les Legend et inversement. Au total, les Classic disputeront 14 RT identiques aux Legend. La seule différence se fera au niveau d’une RT que les 80 km/h parcourront à trois reprises contre une seulement pour les 50 km/h la jugeant moins intéressante. En contre-parti, les Classic disputeront, au départ de Spa, deux RT sur routes ouvertes à des endroits où je suis certain qu’il n’y aura pas de trafic, comme cela se fait au Monte-Carlo. »
Après quatre éditions « secrètes », vous autoriserez cette année une journée de reconnaissances. Pourquoi ?
«Pour deux principales raisons : d’abord, on a constaté lors des éditions précédentes qu’il était impossible de garder le parcours totalement secret. Il y avait toujours des petits malins ne respectant pas les règles du jeu. Ce qui handicapait ceux qui étaient bien dans l’esprit et donc sans notes. En autorisant la reconnaissance de six des huit RT la veille du rallye de 10h à 16h, j’espère éviter ou du moins limiter encore plus les reconnaissances sauvages embêtant les riverains. Car cette fois, celui que je coince sur le parcours deux semaines avant pourra faire une croix sur sa participation. Je ne lui rembourserai même pas son engagement. D’un autre côté, le fait de rouler avec des notes pour tout le monde (en Legend car à 50 km/h ce n’est pas gai si on reconnaît avant) sera plus sécurisant. Pour les pilotes comme pour le public. »
Ne craignez-vous pas dès lors que, sauf conditions hivernales, il soit trop facile de passer à zéro avec une moyenne de 80 km/h ?
« Pas du tout car il me suffit de rajouter un CP par-ci par-là pour faire chuter la moyenne. Il sera quasi impossible de passer à zéro. »
La dernière nouveauté concerne le chronométrage ?
« Oui, on utilisera désormais le système Tripy, comme au Dakar. Chaque concurrent aura un transpondeur et tout est calculé via satellite. Cela sera nettement plus simple encore que l’an dernier car le système des puces de 2009 n’était pas infaillible. Le prix de ce système explique à lui seul l’augmentation du tarif de l’engagement. Mais on ne peut plus se permettre d’erreur ou d’approximations dans les temps. C’est un rallye sérieux, pas touristique. Pour les classements, on fera désormais confiance à la société française Patrick Soft. Et le public comme les pilotes pourront recevoir les classements via SMS ou bien sûr sur leur PC. »
Que pouvez-vous nous dire du parcours, même s’il doit rester secret jusqu’au 19 ?
« Qu’il a été fortement remanié même si nous garderons les classiques, les endroits que le public préfère. Comme l’an dernier avec Theux, il y aura aussi une toute nouvelle RT qui emmènera les concurrents au 7e ciel. Je n’en dirai pas plus… »
Quels sont vos principaux souhaits pour le rallye ?
« Qu’il n’y ait pas trop de neige car cela pourrait nous causer des soucis, comme l’an dernier quand certains commissaires n’avaient pas pu arriver à leur poste tellement c’était verglacé. J’aimerais aussi, sans vouloir jouer au gendarme, que les spectateurs soient un peu plus disciplinés afin d’éviter un accident qui aurait des conséquences dramatiques. »
Avez-vous déjà des idées ou projets pour l’édition 2011 ?
«Oui, bien sûr. Compte tenu de l’engouement et du nombre sans cesse croissant de concurrents, on va devoir élargir le parcours. On songe aussi à organiser une ou plusieurs RT le vendredi soir. Cela permettrait de faire repartir les concurrents le samedi dans l’ordre du classement et éviterait tous les soucis liés à l’attribution des numéros. On a 300 concurrents et tous voudraient un numéro dans les 60 premiers ce qui est évidemment impossible. »