Succès de la 908 de Wurz-Gene-Davidson
Audi s’est accroché derrière Peugeot auteur d’un retentissant doublé
Les trente-quatre mille six cents spectateurs ceinturant le circuit de Spa-Francorchamps en ce samedi bien ensoleillé ont pu assister à du tout grand spectacle lors de cette édition 2011 où, avec une seule neutralisation de la « safety car », la distance de 1000 km a été pulvérisée au total des 6 Heures.
Dominées aux essais par des nouvelles Audi R18 trustant les premières places, piégées par un drapeau rouge en qualifications les reléguant aux 13e, 18e et 50e places, les Peugeot ont pris une cinglante (et inattendue) revanche en signant un magnifique doublé.
« Les entraînements ce n’est pas la course, » fanfaronnait un Olivier Quesnel pouvant être content de ses troupes.
Car si les nouvelles R18 ont accumulé les petits soucis et contrariétés (tête-à-queue pour McNish, petit bac pour Tréluyer, accroc pour Kristensen, changement de capot suite à un autre accroc pour Bernhard, limiteur enclenché par erreur par Capello, un tour de perdu en raison de la « safety car » par Fassler…), on peut écrire qu’Audi a été battu à la régulière.
Après un début de course emmené par André Lotterer, les « Lionnes » sont revenues au grand galop, l’Autrichien Alexander Wurz prenant la tête au prix de gros risques dans le trafic à l’issue de son premier relais.
Plus fiables, un peu moins gourmandes mais surtout plus habiles dans les dépassements d’attardés (seul Pedro Lamy s’est rendu coupable d’un bac à Bruxelles), les Peugeot ont parfaitement renversé la vapeur, la marque française ne ratant le triplé qu’à la suite d’un bris de suspension à trente-cinq minutes de l’arrivée.
« A la fin de mon relais, je sentais qu’il y avait encore du jus dans mes Michelin et j’ai pu attaquer, » expliquait le vainqueur Alexander Wurz. « On a pris des risques calculés dans le trafic, » renchérissait son équipier Anthony Davidson.
La conclusion de cette première confrontation revenait à Marc Gene : « Ici, les Audi étaient certainement plus rapides que nous sur un tour, mais nous avons bien rectifier le tir en course. Ce succès va nous donner beaucoup de confiance pour Le Mans qui s’annonce une des vingt-quatre heures les plus serrées de la dernière décennie. »
« Nous avons encore pas mal de travail, » reconnaissait humblement un Docteur Ullrich bon perdant. « Nous avons un peu plus de mal dans le trafic. Nos pilotes doivent encore s’habituer au manque de visibilité de notre nouveau proto fermé. »
Derrière, les cinq premières « diesel », la Pescarolo de Tinseau-Collard-Jousse, sixième à cinq tours, remportait le classement officieux des protos à essence.
Pas de chance cette fois pour la 908 HDI FAP Oreca des lauréats de 12H de Sebring ralentie dès la première heure de course par des soucis de moteur.
La principale satisfaction belge venait de l’excellente performance en LMP2 du jeune Nicolas De Crem. Malchanceux au Castellet où il aurait déjà dû gagner sa catégorie, le Namurois de 20 ans ratait cette fois la victoire de peu (43 secondes) suite à un changement de capot sur l’Oreca-Nissan du Thierry Boutsen Energy Racing au terme d’une très belle course ponctuée au 1er rang absolu, le deuxième de catégorie.
« Deuxième c’est pas mal, » se réjouissait notre compatriote pointé en tête à deux heures de l’arrivée. « On a hélas rencontré un souci avec les ailettes du capot. Et puis nous avions un problème de réservoir nous obligeant à raccourcir nos relais. »
Moins de chance par contre pour Andrea Barlesi, classé 35e après de nombreux soucis et un bris de suspension.
En GTE-Pro où Porsche a subi une nouvelle cuisante défaite (première 997, la Prospeed de Goossens termine 6e de catégorie à 5 tours suite à une touchette de son équipier Holzer), les nouvelles Ferrari 458 n’ont jamais été réellement inquiétées. Mais la bataille a fait rage entre les différents pilotes, le team AF Corse l’emportant grâce à Fisichella-Bruni, la seconde voiture des polemen Vilander-Melo renonçant en vue du finish suite à un bris de radiateur. Farfus et Priaulx sur la BMW M3 Schnitzer complétaient le podium.
En GTE-AM, Stéphane Lémeret, auteur d’un excellent premier relais, terminait sur la deuxième marche du podium malgré un « Drive Through » infligé à son équipier Ciocci pour ne pas avoir respecté les limites de la piste.
« Cela a été chaud car la température de notre moteur est montée jusqu’à 117 degrés, » confessait le pilote-journaliste.
La victoire revenait à la Porsche 911 RSR de Narac-Armindo vue dans le bac à graviers de Bruxelles en début de course.
Le classement final :
- Wurz-Gene-Davidson (Aut-Esp-GB/Peugeot 908) 161 tours; 2. Sarrazin-Montagny-Minassian (Fra/Peugeot 908) à 42.955; 3. Kristensen-Capello-McNish (Dan-Ita-Eco/Audi R18 TDI) à 1t ; 4. Rockenfeller-Bernhard-Dumas (All-All-Fra/Audi R18 TDI) à 2t ; 5. Lotterer-Fassler-Tréluyer (All-Sui-Fra/Audi R18 TDI) à 3t ; 6. Collard-Tinseau-Jousse (Fra/Pescarolo-Judd) à 5t ; 7. Jani-Prost N. (Sui-Fra/Lola-Toyota) à 6t ; 8. Pagenaud-Lamy-Bourdais (Fra-Por-Fra/Peugeot 908) à 6t ; 9. Boullion-Belicchi (Fra-Sui/Lola-Toyota) à 6t ; 10. Duval-Lapierre-Panis (Fra/Peugeot 908) à 9t ; 11. Beche-Thiriet-Firth (Sui-Fra-Fra/Oreca-Nissan) à 11t (1ers LMP2) ; 12. DE CREM-Kraihamer (BEL-Aut/Oreca-Nissan) à 11t; 17. Fisichella-Bruni (Ita/Ferrari 458 Italia) à 17t (1ers GTE Pro) ; 23. GOOSSENS-Holzer (BEL-All/Porscche 997 RSR) à 20t ; 25. Narac-Armindo (Fra-Por/Porsche 911 RSR) à 21t (1ers GTE Am) ; 26. LÉMERET-Perrazini-Cioci (BEL-Ita-Ita/Ferrari 430) à 21t; 35. Da Rocha-BARLESI-Lafargue (Fra-BEL-Fra/Pescarolo-Judd) à 27t